Le pont Mathurine

Joël Bastard

Un fort non loin de la frontière, des militaires attendent on ne sait trop quoi, l’ennemi, l’amour, l’honneur, la mort.…

Le capitaine, tout en déclamant des alexandrins, projette de faire construire un pont, le pont Mathurine. Ce dernier n’a aucune raison d’être, n’ira nulle part mais l’armée s’empare du projet avec jubilation.

Au pied du fort, des « civils » regardent et commentent avec gouaille, ce monde absurde qui va à vau-l’eau, sorte de chœur antique déjanté.

Dans cette pièce de théâtre, Joël Bastard nous emmène au bord de la folie, , dans une langue moqueuse et truculente.

 

 

 

 


 

Extrait

Capitaine : Dévier la rivière qui dans la fosse lèche depuis des siècles les contreforts. Construire un barrage ; Colmater les fuites. Contenir la force transparente.

 

Sergent : Nous ferons ce barrage Capitaine. Au Soldat. Soldat ! Construis un barrage et que ça saute !

 

Soldat : À vos ordres Sergent.

 

Capitaine : Construire un pont au-dessus des terres. Au-dessus de l’eau. Au-dessus des ombres rampantes de la nuit. Au-dessus des regards fous. Au-dessus des marais putrides. Marcher à sec, longtemps. Au-dessus des jardins et des toits.

 

Sergent : Oui Capitaine. Et ce pont, quelle longueur ?